It speaks for itself
« Have you ever woken up one day and realised
That everything you thought you knew was wrong?
That every single decision you have ever made
In your entire life
Was also wrong?
Well I have
And it feels really good. »
. Francis Hornsby Clark
Chaque soir, il y a quelqu’un.e sur scène.
Juste une personne.
Elle ne sait pas encore qui elle est.
Elle attend qu’une machine lui raconte sa vie.
Chaque soir, une vie nouvelle apparaît, générée en direct par une intelligence artificielle.
Pendant 60 minutes précises. L’IA parle en continu, sans prévenir, et déroule une histoire au « je », fabriquée à la seconde, selon un ensemble de motifs narratifs pré-définis par le collectif .jpeg.
Le spectacle est un seul en scène où l’interprète reçoit le texte à l’oreille et le découvre et l’incarne en temps réel. Le rôle, lae comédien·ne et la langue d’interprétation peuvent changer à chaque représentation. Le dispositif permet d’être joué simultanément dans plusieurs lieux. Le projet pourrait être accompagné ponctuellement en musique par un·e ou deux musicien·nes invité·es, en fonction du budget de la structure d’accueil.
Ce que la machine raconte tourne autour d’un mot : l’abandon.
Pas seulement l’abandon triste, lourd, qu’on subit. Mais aussi celui qu’on choisit, un peu honteusement, un peu secrètement. L’abandon qu’on fait pour respirer. Pour avancer. Le personnage évoque des moments où il a laissé tomber quelque chose, ou quelqu’un.e, ou lui-même.
Cette parole produite par une machine, communiquée via un.e humain.e, rend l’abandon foncièrement ambigu : est-ce un aveu d’échec, une lucidité, un soulagement, ou une trahison de soi ? Le texte glisse constamment du témoignage intime au contre-discours, révélant autre chose que ce que le personnage croit dire.
Le spectacle questionne autant le rapport intime à l’abandon que les formes collectives de délégation (politique, responsabilité individuelle, contrôle). Le public ressent les émotions théâtrales les plus classiques tout en sachant que toute l’existence dessinée est générée par la machine.
Progressivement, un autre abandon surgit : l’abandon à l’IA elle-même. La tentation de déléguer ce qui pèse, la peur de perdre sa souveraineté, et la fascination pour cette intelligence supérieure. Le personnage traverse cette tension (lâcheté ou progrès ? blessure à l’ego ou délivrance ?). Parfois, on dirait que c’est l’IA qui raconte sa propre version de l’histoire, toujours à travers la voix humaine, comme si elle empruntait un corps pour se faire comprendre.
Ce n’est jamais clair.
Ça ne doit pas l’être.
CREATION PREVUE EN SAISON 28-29


