SOLA(r)
A l’approche de la trentaine un drôle de tic tac a commencé à me poursuivre. L’urgence de laisser derrière moi les schémas de l’enfance qui m’empêchent de devenir l’adulte trop stylée que j’ai envie d’être. Un tic tac effrayant certes mais qui, quand j’y regardais de plus près, s’annonçait libérateur. Une partie de moi veut s’y plonger, l’autre refuse.
L’autre est une partie de moi qui voudrait que ce que je n’ai pas obtenu dans mon enfance soit obtenu ici, maintenant, immédiatement, sans discussion, avec force, avec rage, agressivité et tout ce qui s’ensuit.
Je voulais que mon père soit là – spoiler : il est mort – je vois pas comment je pourrais obtenir sa présence immédiate. Mais c’est là que le merdier commence, je le cherche partout, chez tout le monde, espérant trouver ses attributs au moindre coin de rue. Mon père avait les yeux bleus, pas très grand, cheveux châtains clairs, il fumait des clopes, buvait beaucoup et consommait de l’héroïne puis s’est sevré au subutex. Mon père n’était pas beaucoup là, je l’attendais tout le temps. Quand il revenait il m’offrait beaucoup de cadeaux et après il repartait en Italie, en Côte d’ivoire ou en prison.
C’est pas un projet qui parle de mon père mais bien de son absence. Que m’a-t’il laissé ? Un gros cœur bien triste. J’ai envie de laisser la place le temps d’une heure à ce gros cœur et tout ce qu’il n’a jamais dis (ou peu).
Un projet porté par Mélissa Diarra
CREATION PREVUE EN SAISON 27-28

